Le brief, c’est le document qui transforme un projet vague en projet faisable. C’est aussi ce qui me permet, en tant que développeur, de savoir si je peux travailler avec vous, si je vais respecter votre budget, et si on va se comprendre pendant trois mois sans s’engueuler.
Un bon brief, ça ne tient pas en deux pages. Mais ça ne tient pas non plus en quarante. Voilà ce que je demande, et ce qui me permet de chiffrer correctement.
Ce que vous devez savoir avant de m’écrire
Avant tout brief écrit, vous devez avoir clarifié trois choses pour vous-même.
Pourquoi ce site ? Pas « parce que l’ancien est moche ». La vraie raison. Vous voulez vendre plus. Vous voulez recruter. Vous voulez que vos clients passent moins par votre service support. Vous voulez ouvrir une nouvelle activité. Le pourquoi oriente toutes les décisions du projet.
Pour qui ? Décrivez votre visiteur idéal. Profession, âge, contexte d’utilisation, niveau de connaissance technique, ce qu’il cherche, ce qui peut le faire fuir. Plus c’est précis, mieux c’est. Si vous me dites « tout le monde », ça veut dire que vous n’avez pas réfléchi.
Combien ? Une enveloppe, même approximative. Si vous ne voulez pas la dire, dites-moi au moins l’ordre de grandeur : on est à 5 000, à 15 000, à 50 000 ? Ça me permet de vous proposer une solution adaptée. Personne ne propose la même chose pour 5 000 et pour 50 000.
Les sections que je veux voir
Un brief complet contient huit sections. Aucune n’est facultative.
Présentation de l’entreprise. Activité, ancienneté, taille, marché. Pas de blabla marketing, des faits.
Objectifs du projet. Trois ou quatre objectifs maximum, ordonnés par priorité. Si vous mettez quinze objectifs, aucun ne sera vraiment atteint.
Public cible. Concret. Si possible avec un ou deux personas, même simples.
Périmètre fonctionnel. Liste des grandes fonctions attendues. Pas du « il faudrait que ce soit moderne », mais du « les visiteurs doivent pouvoir prendre rendez-vous en ligne 24/7 sur une grille de créneaux affichés en temps réel, avec confirmation par mail et SMS ».
Périmètre éditorial. Combien de pages, quel type de contenu, qui le rédige. Vous, votre rédacteur en interne, ou est-ce à inclure dans la prestation ?
Contraintes techniques. Hébergement existant ? Connexion à un CRM, un ERP, un logiciel métier ? Domaine déjà acheté ? Compte mail à conserver ?
Identité visuelle. Logo existant ou à créer, charte graphique, couleurs imposées, exemples de sites que vous aimez et trois sites que vous détestez (le « je déteste » est aussi utile que le « j’aime », parfois plus).
Calendrier souhaité. Date cible de mise en ligne. Si vous avez une contrainte impérative — un salon, une campagne pub, le départ de votre stagiaire qui devait s’occuper du site — dites-le clairement.
Ce qui m’aide à chiffrer juste
Trois informations qui changent tout sur le devis que je vais vous renvoyer.
Le volume de contenu. Cinq pages ou cent pages, ce n’est pas la même chose. Quinze produits ou trois mille produits non plus. Trois cents articles de blog à migrer non plus.
La complexité métier. Un site vitrine pour un kiné, c’est simple. Un site vitrine pour un cabinet d’avocats avec espace client sécurisé et signature électronique de documents, c’est un autre métier.
L’existant à reprendre. Si vous arrivez avec une charte graphique propre, des photos pro, des textes prêts, mon devis baisse facilement de 30 %. Si tout est à créer, mon devis monte d’autant.
Ce qui ne sert à rien dans un brief
Quelques sections que je vois souvent et qui n’apportent rien.
L’historique de l’entreprise sur six pages. Trois lignes suffisent.
Les valeurs de l’entreprise sur deux pages. Si elles ne se traduisent pas par des choix concrets dans le projet, elles sont inutiles dans le brief.
Les benchmarks de douze concurrents. Trois suffisent, avec ce qui vous plaît et ce qui vous déplaît dans chacun.
Les détails techniques que vous ne maîtrisez pas. « Nous voulons un site en HTML5 responsive avec SEO inclus. » Tous les sites sont en HTML5 responsive en 2026, et le SEO se discute, ne se commande pas en case à cocher. Laissez ces choix au prestataire et concentrez-vous sur le besoin métier.
Mon astuce pour gagner du temps
Quand un client n’a jamais fait de brief, je lui propose un atelier d’une heure. On le fait ensemble, en visio ou autour d’un café à Lille. Je pose les questions, il répond, je rédige le brief en sortant. Il valide.
Ça coûte 150 €. Ça lui économise huit heures de rédaction, et ça me garantit un brief utilisable. Tout le monde y gagne.
Le test simple pour savoir si votre brief est bon
Donnez-le à trois personnes différentes : votre comptable, votre stagiaire, votre conjoint. Demandez-leur de vous résumer en cinq phrases ce que ce site doit faire et pour qui.
Si les trois résumés se ressemblent, votre brief est clair.
Si les trois résumés divergent, retravaillez votre brief avant de l’envoyer à un prestataire. Sinon, vous allez recevoir trois devis qui ne se comparent pas, parce qu’ils répondent à trois interprétations différentes du même document. Et vous comparerez des pommes avec des poires sans le savoir.