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Combien coûte vraiment un site internet en 2026

On me demande presque chaque semaine combien coûte « un site internet ». À force, j’ai pris l’habitude de répondre par une autre question : vous cherchez un site qui ramène des clients, ou une carte de visite en ligne ? Ce ne sont pas les mêmes projets, ni les mêmes budgets.

Un site vitrine pour un artisan à Lille, cinq pages, sans e-commerce, c’est aujourd’hui entre 2 500 et 4 500 €. Quand je donne ce chiffre, certains tombent de leur chaise. D’autres trouvent que je leur fais cadeau. Les deux réactions me disent la même chose : il y a un énorme malentendu sur ce qu’on paie quand on commande un site.

Ce que vous achetez en réalité

Un site web, c’est trois blocs collés ensemble. La conception, c’est-à-dire la réflexion stratégique, l’arborescence, le design. La technique, c’est le développement, l’intégration, l’hébergement, la sécurité. Le contenu, ce sont les textes, les photos, le travail SEO de base.

Si on vous vend un site à 800 €, vous pouvez parier qu’au moins un de ces trois blocs a été supprimé. Souvent les trois en même temps. Vous récupérez un thème WordPress payé 50 €, configuré en deux après-midis, sans personne qui se soit posé la question de ce qui doit vous faire vendre.

J’ai vu un cas typique l’an dernier à Roubaix. Le client était passé par un studio low-cost pour 1 200 €. Six mois plus tard : site planté, plus aucun accès admin, agence injoignable. On a tout repris à zéro pour 4 800 €. Total réel pour avoir un vrai site : 6 000 €. S’il était venu directement chez quelqu’un de sérieux, c’était 4 800 € dès le départ.

Les fourchettes que je pratique en 2026

Pour un site vitrine artisan ou petite TPE, je suis à 2 500 – 4 500 €. Cinq à dix pages, design sur-mesure mais sobre, optimisé Google et mobile, formulaires fonctionnels, mentions légales propres, hébergement et nom de domaine paramétrés correctement.

Pour une PME de 20 à 50 personnes, on monte à 6 000 – 12 000 €. Plus de pages, parfois deux ou trois langues, intégrations avec un CRM, un outil métier, ou un système de prise de rendez-vous. Du vrai travail SEO en amont, pas juste un plugin Yoast posé en fin de course.

Pour un e-commerce qui démarre, c’est 4 500 – 9 000 € selon qu’on part sur Shopify ou WooCommerce. Catalogue, paiement, gestion des stocks, expédition, c’est plus long que ce que les gens imaginent même quand « on a juste 30 produits ».

Pour une application web sur-mesure ou un SaaS, on commence vraiment à 15 000 €, et ça peut monter beaucoup. Là on n’est plus dans le même métier — c’est du développement spécifique, pas de la mise en ligne.

Pourquoi deux devis peuvent passer du simple au triple

Trois raisons reviennent à chaque fois.

La première, c’est l’expérience de la personne en face. Un développeur sénior fait en deux jours ce qu’un junior met une semaine à faire — et le résultat tient mieux dans la durée. Vous payez l’heure plus cher, vous en utilisez moins, et trois ans plus tard le site n’a pas besoin d’être refait.

La deuxième, c’est le périmètre. Personne ne cadre pareil. Certains incluent les photos d’illustration, d’autres non. Certains incluent six mois de maintenance, d’autres non. Certains rédigent les textes, d’autres comptent ça en plus à 80 € la page. Comparer deux devis sans détailler le périmètre, c’est comparer un menu à 25 € avec un autre à 60 € sans regarder ce qu’il y a dans l’assiette.

La troisième, c’est la marge structure. Dans une agence à Lille avec dix salariés, votre projet supporte les locaux, les commerciaux, le studio graphique, la responsable de comm, la machine à café. En direct avec un freelance qui sait ce qu’il fait, vous payez le travail effectif et une marge raisonnable. Pour le même résultat, l’écart est facilement de 30 à 50 %.

Je précise : je ne dis pas que les agences sont à fuir. Pour un projet à 100 000 € avec quinze interlocuteurs côté client, une agence est probablement le bon choix. Pour un site à 4 000 €, c’est rarement rentable.

Ce qui fait exploser un devis en cours de route

Trois trucs à surveiller absolument.

Les « petites » demandes qui arrivent après la signature. Ah au fait, on voudrait aussi pouvoir publier en italien. Et un blog ? Et un espace client ? Chaque ajout coûte. Mieux vaut décider de tout au début, quitte à phaser la mise en ligne en deux temps.

Les contenus qui n’arrivent jamais. Vous avez signé avec « textes fournis par le client ». Trois mois plus tard, toujours pas de textes. Le projet stagne, vous avez payé l’acompte, le prestataire est passé sur autre chose. Tout le monde y perd. Si vous savez que vous n’aurez pas le temps d’écrire, prévoyez la rédaction dans le devis dès le départ.

Le manque de décideur clair. Dans certaines TPE, le gérant valide, sa femme valide, le commercial donne son avis, la stagiaire trouve que le bleu est trop bleu. Chaque aller-retour rallonge le projet. Quand un projet traîne, il devient plus cher pour tout le monde.

La règle que j’applique

Si on vous propose un site internet à moins de 2 000 € en 2026, posez trois questions. Qui va maintenir ce site dans deux ans. Qui possède le code et les accès admin. Qui répond si un plugin de sécurité tombe en faille critique. Si la personne en face hésite sur une seule de ces réponses, fuyez.

À l’inverse, si on vous chiffre 15 000 € pour cinq pages vitrines, demandez le détail jour par jour. Dix jours de design, dix jours de dev, c’est défendable. Soixante jours pour cinq pages, c’est de la facturation au lance-pierre.

Le bon prix d’un site, c’est celui où vous comprenez exactement ce que vous payez, et pourquoi.