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Comment briefer une refonte de site en 2026

Une refonte n’est pas une création. Vous partez d’un site existant, avec son trafic, son SEO, ses fonctionnalités, ses utilisateurs habituels. Briefer une refonte, c’est briefer en tenant compte de tout ça. Et c’est différent d’un brief de site neuf.

Voilà comment je conseille à mes clients de briefer correctement une refonte, pour que le résultat soit meilleur que l’existant et pas pire.

Étape 1 : faire le bilan de l’existant

Avant de penser au nouveau site, il faut comprendre l’ancien.

Que fait votre site actuel, factuellement ? Pas l’idée que vous en avez, mais la réalité d’usage. Combien de pages. Combien de visiteurs par mois. D’où viennent-ils (organique, direct, pubs, réseaux sociaux). Sur quelles pages ils arrivent en majorité. Qu’est-ce qu’ils font (lisent, achètent, contactent, abandonnent).

Sans ces chiffres, vous bricolez. Avec ces chiffres, vous savez ce que vous devez préserver et ce que vous pouvez changer.

Outils : Google Analytics 4 ou Matomo, Search Console, vos données internes (CRM, e-commerce, formulaires). Une journée de récupération et synthèse de ces données est un investissement minuscule par rapport au budget refonte.

Étape 2 : identifier ce qui marche

Sur tout site, il y a des choses qui marchent et qu’il ne faut surtout pas casser. À identifier explicitement.

Les pages qui ramènent du trafic SEO. Si une page de blog vous ramène 2 000 visiteurs par mois, vous ne pouvez pas la supprimer sans plan de redirection.

Les pages qui convertissent. La page d’accueil, certaines pages services, certaines fiches produits sont vos meilleurs vendeurs. Si votre nouveau site les édulcore, vous perdez du chiffre d’affaires.

Les fonctionnalités utilisées par vos clients existants. Si votre commercial copie des liens vers une page interne pour ses devis, cette page doit rester accessible avec la même URL.

Les intégrations avec vos outils internes (CRM, ERP, comptabilité). Si elles marchent, ne les cassez pas.

Faites cette liste. Ça prendra une demi-journée. Mettez-la en première page de votre brief.

Étape 3 : identifier ce qui ne marche pas

Symétriquement, listez ce qui doit changer. Et soyez précis.

Pas « le site est moche ». Mais « les photos d’équipe datent de 2018, certains dirigeants ne sont plus dans l’entreprise ». Ou « le formulaire de contact a 12 champs alors que 5 suffiraient ». Ou « la page services est trop longue, les visiteurs partent avant la fin ».

Pas « le site ne convertit pas ». Mais « le taux de conversion est à 0,8 % alors que la moyenne du secteur est à 2 %, je veux atteindre au moins 1,5 % ».

Plus c’est concret, plus le prestataire peut chiffrer correctement et proposer les bonnes solutions.

Étape 4 : définir les objectifs concrets

Trois ou quatre objectifs maximum. Mesurables.

« Augmenter le trafic SEO de 30 % dans l’année qui suit la mise en ligne ». OK, c’est mesurable.

« Faire un site moderne ». Pas mesurable, pas un objectif.

« Réduire le taux d’abandon panier de 15 points sur l’e-commerce ». Mesurable, ambitieux mais réaliste.

« Améliorer l’image de marque ». Pas mesurable, donc inactionnable.

Le prestataire doit pouvoir vous dire, six mois après la mise en ligne, si vos objectifs sont atteints ou non. Si c’est du flou, il pourra toujours dire « oui, c’est mieux » sans que personne puisse vraiment vérifier.

Étape 5 : penser le contenu

Le contenu, c’est le piège numéro un des refontes. Beaucoup de clients pensent qu’on va reprendre les textes existants sans plus de réflexion. C’est rarement la bonne idée.

Vos textes actuels ont été écrits il y a peut-être trois ou cinq ans. Ils peuvent être obsolètes, mal optimisés SEO, ou simplement mauvais. Une refonte, c’est aussi l’occasion de revoir ce qui doit être réécrit.

Trois options pour le contenu. Reprise à l’identique : quasi gratuite, mais reproduit les défauts. Retravail léger : le prestataire ou vous-même retouchez les textes pour les fluidifier (50 à 100 € par page si c’est délégué). Réécriture complète, avec stratégie SEO : 200 à 400 € par page selon la profondeur. Plus cher, mais plus efficace.

Décidez avant de signer le devis, pas après.

Étape 6 : prévoir le plan de redirection

C’est crucial et souvent oublié. Listez toutes les URL actuelles de votre site (export du sitemap.xml, ou crawl avec Screaming Frog en version gratuite jusqu’à 500 URLs).

Pour chaque URL, indiquez : doit-elle être conservée à l’identique sur le nouveau site (même URL) ? Doit-elle être redirigée vers une nouvelle URL ? Ou peut-elle être supprimée ?

Cette liste, donnée au prestataire au début du projet, garantit que personne n’oublie une page importante. Sans elle, on perd 20 à 50 % de trafic SEO sur les six mois qui suivent la mise en ligne.

Étape 7 : prévoir le calendrier réaliste

Une refonte prend deux à quatre mois calendaires. Si on vous propose moins, soyez méfiant. Si on vous propose plus de cinq mois, demandez pourquoi.

Et surtout : ne planifiez pas de mise en ligne juste avant un événement critique. Pas avant un salon. Pas avant une période de forte activité. Pas le 15 décembre (si vous êtes e-commerce, c’est de la folie).

Mettez en ligne sur une période calme, où vous pouvez tester, ajuster, corriger sans pression. Janvier-février ou mai-juin sont souvent les meilleures fenêtres en France.

Étape 8 : prévoir l’après mise en ligne

La mise en ligne n’est pas la fin du projet. C’est le début de la vie du nouveau site.

Prévoyez dans le devis une période d’accompagnement post-mise en ligne : 1 à 3 mois pendant lesquels le prestataire reste disponible pour ajuster les bugs, optimiser ce qui se révèle imparfait à l’usage, accompagner votre équipe à la prise en main.

Sans cette période, vous vous retrouvez seul deux jours après la livraison, et le projet n’est jamais vraiment fini.